Dans les bandes côtières des Hauts-de-France, deux mondes s'affrontent chaque hiver sur les mêmes eaux : d'un côté, des chalutiers artisans de moins de 12 mètres qui ne peuvent quitter leur port que pour la journée ; de l'autre, des navires-usines de plus de 80 mètres capables de pêcher jusqu'à 400 tonnes par jour. L'association BLOOM tire la sonnette d'alarme et réclame l'exclusion des géants industriels de la bande côtière, à quelques jours des Assises de la Pêche 2026.
La bande côtière des Hauts-de-France : un terrain de chasse âprement disputé
Au large de Calais, Boulogne-sur-Mer ou Dunkerque, les eaux côtières de la mer du Nord sont au cœur d'une tension croissante entre deux modèles de pêche radicalement opposés. D'un côté, une flotte artisanale locale profondément attachée à ses zones de pêche traditionnelles. De l'autre, des navires industriels de grande taille qui sillonnent les mêmes eaux, avec une puissance de capture sans commune mesure.
Qu'est-ce que la bande côtière et quelles sont les règles d'accès en vigueur ?
La bande côtière désigne la zone maritime qui s'étend depuis le rivage jusqu'à une distance allant de 6 à 12 milles marins selon les portions du littoral français — soit entre 11 et 22 kilomètres environ. Cette zone bénéficie d'un régime réglementaire particulier dans le cadre de la politique commune de la pêche européenne (PCP) : elle est théoriquement réservée en priorité aux navires de petite taille.
Cependant, cette protection reste incomplète. Si les bateaux de pêche artisanale de moins de 12 mètres n'ont pas le droit de dépasser les 20 milles nautiques de la côte, leur rayon d'action est donc cantonné à la bande côtière. À l'inverse, les grands navires industriels, eux, peuvent légalement pénétrer dans cette même bande côtière et y opérer sans restriction particulière — sauf décision spécifique des autorités nationales ou préfectorales.
📐 La bande côtière en quelques repères
Définition : zone maritime entre 6 et 12 milles marins du littoral (selon les tronçons)
Régime européen : accès prioritaire aux petits navires, dans le cadre de la PCP
Petits navires (< 12 m) : limités à 20 milles de la côte → dépendent totalement de la bande côtière
Grands navires (> 24 m) : peuvent opérer dans le monde entier, y compris dans la bande côtière
Problème : aucune interdiction systématique des navires industriels dans les bandes côtières françaises
Le banc des Flandres, point névralgique de la bataille entre artisans et industriels
À quelques dizaines de kilomètres des côtes du Pas-de-Calais se trouve le banc des Flandres, haut-fond sous-marin d'une importance capitale pour l'écosystème marin de la mer du Nord. Chaque hiver, ce banc constitue un point de rassemblement naturel pour des espèces très recherchées : harengs, sardines, maquereaux. C'est là que se concentrent les bancs de poissons… mais aussi la concurrence la plus vive.
Les données de trajectoire des navires-usines de plus de 80 mètres, rendues publiques par l'organisation Global Fishing Watch, sont révélatrices : elles montrent une concentration dense d'activité sur un espace d'à peine 30 kilomètres de long au-dessus du banc des Flandres. Dans cet espace exigu, grands et petits navires se disputent la même ressource — avec une asymétrie totale de puissance.
45,5 % des captures côtières : les chiffres accablants de la recherche scientifique
Des chercheurs de l'Institut-Agro Rennes-Angers, en collaboration avec l'association BLOOM, ont publié une étude approfondie sur la situation des bandes côtières françaises. Leurs conclusions sont sans ambiguïté pour les Hauts-de-France : les navires industriels de plus de 24 mètres, bien qu'ils ne dépendent pratiquement pas de la bande côtière — ils n'y réalisent que moins de 1 % de leurs captures totales dans le monde —, y effectuent localement 45,5 % de l'ensemble des captures dans les bandes côtières des Hauts-de-France.
Ce paradoxe est au cœur de la revendication de BLOOM : des navires qui n'ont pas besoin de la bande côtière pour survivre monopolisent presque la moitié de sa ressource, au détriment des pêcheurs artisans qui en dépendent totalement pour leur subsistance.
BLOOM et les chercheurs tirent la sonnette d'alarme pour protéger la pêche côtière
Qui est l'association BLOOM et pourquoi intervient-elle dans ce débat ?
BLOOM est une association française de défense des océans fondée en 2005 par la chercheuse marine Claire Nouvian. Depuis sa création, elle mène des campagnes scientifiques et médiatiques contre les pratiques de pêche destructrices — chalutage profond, surpêche, pêche électrique — et pour la protection des écosystèmes marins et des pêcheurs artisanaux. BLOOM est reconnue pour la rigueur de ses données et dispose d'une audience internationale.
Dans les Hauts-de-France, l'association est représentée par un comité régional actif. C'est Stéphane Pinto, vice-président de BLOOM Hauts-de-France, qui a porté la demande d'exclusion des navires industriels auprès du gouvernement, en adressant un courrier circonstancié à Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche.
La demande concrète : exclure les navires de plus de 24 mètres de la bande côtière
La revendication portée par BLOOM et les chercheurs de l'Institut-Agro est précise et mesurable : interdire l'accès de la bande côtière aux navires de pêche d'une longueur supérieure à 24 mètres. Ce seuil de 24 mètres n'est pas arbitraire : il correspond à la limite à partir de laquelle les navires sont classifiés comme semi-industriels ou industriels dans les données de pêche européennes. En dessous de ce seuil, les bateaux entrent dans la catégorie de la pêche côtière dite « artisanale ».
L'objectif affiché est triple : préserver la ressource halieutique dans une zone écologiquement sensible, garantir l'accès prioritaire des pêcheurs artisans à leur outil de travail, et protéger la biodiversité marine des bandes côtières.
🎯 Les trois objectifs de l'exclusion demandée par BLOOM
Économique : redonner aux pêcheurs artisans l'accès à la ressource côtière dont ils dépendent pour vivre
Écologique : réduire la pression de pêche sur les écosystèmes côtiers fragiles (banc des Flandres, frayères)
Social : préserver l'emploi des petits patrons pêcheurs et la filière pêche côtière dans les ports du Pas-de-Calais
Ce que dit Stéphane Pinto, vice-président de BLOOM Hauts-de-France
Dans son courrier adressé au gouvernement, Stéphane Pinto décrit avec force la réalité quotidienne des pêcheurs artisans face à la pêche industrielle. Il insiste sur l'inégalité structurelle entre les deux flottes : un petit bateau de moins de 12 mètres ne peut s'éloigner à plus de 20 milles de la côte, ne part que pour la journée et a donc un rayon d'action minimal. En cas de surpêche localisée dans sa zone, il n'a aucune alternative géographique. Un navire industriel, en revanche, peut partir plusieurs semaines et pêcher dans n'importe quel océan du monde.
« La bande côtière est vitale pour les petits navires. Elle devrait être prioritairement réservée à ceux qui en dépendent pour vivre, pas à des navires capables d'aller pêcher à des centaines, voire des milliers de kilomètres de nos côtes. Ce n'est rien de moins que de la concurrence déloyale ! »— Stéphane Pinto, vice-président du comité Hauts-de-France de BLOOM
Pêche artisanale contre pêche industrielle : deux modèles incompatibles sur les mêmes eaux
Ce que peuvent faire les petits navires artisans… et ce à quoi ils sont limités
Un bateau de pêche artisanale côtière mesure généralement moins de 12 mètres. Il est souvent exploité par un patron-pêcheur indépendant, parfois aidé d'un ou deux matelots. Sa campagne de pêche se résume à une sortie quotidienne dans un rayon limité autour du port d'attache. Ses captures sont débarquées fraîches chaque matin, ce qui garantit une qualité exceptionnelle du poisson vendu en criée locale.
Mais cette proximité avec la côte est aussi sa principale contrainte : en cas de mauvais temps, de fermeture de pêche ou de raréfaction localisée de la ressource, le pêcheur artisan n'a nulle part où aller. Sa survie économique est directement liée à l'état de la bande côtière.
Ces chalutiers-usines capables de pêcher 400 tonnes de poisson par jour
À l'autre extrémité du spectre, les navires-usines industriels représentent une puissance de pêche sans équivalent. Certains chalutiers pélagiques de plus de 80 mètres — comme ceux opérés par des groupes néerlandais, norvégiens ou écossais sous différents pavillons — sont dotés d'installations de surgélation à bord et peuvent rester en mer plusieurs semaines d'affilée. Leur capacité de capture peut atteindre 400 tonnes par jour pour les plus grands d'entre eux.
Ces navires ciblent principalement les petits pélagiques — harengs, maquereaux, sardines — qui constituent précisément les espèces les plus présentes dans la bande côtière des Hauts-de-France en hiver, notamment au-dessus du banc des Flandres.
Tableau comparatif : pêche artisanale côtière vs pêche industrielle pélagique
Critère | Pêche artisanale côtière | Pêche industrielle pélagique |
|---|---|---|
Taille des navires | Moins de 12 mètres (petite pêche) | 24 à 100+ mètres |
Rayon d'action | Limité à 20 milles nautiques de la côte | Mondial (Atlantique, Pacifique, Arctique…) |
Durée des sorties | Sortie à la journée | Campagnes de plusieurs semaines |
Capacité de capture | Quelques centaines de kg par sortie | Jusqu'à 400 tonnes par jour |
Dépendance à la bande côtière | Totale — aucune alternative géographique | Marginale (< 1 % des captures totales mondiales) |
Part des captures côtières (Hauts-de-France) | ~54,5 % (ensemble des petits navires) | 45,5 % (navires industriels > 24 m) |
Impact écologique côtier | Limité par la faible puissance des engins | Fort : pression intense sur les bancs de harengs/maquereaux |
Emplois créés localement | Nombreux (patrons, matelots, mareyeurs, criées) | Très faibles à l'échelle locale |
Propriété et pavillon | Français, souvent propriétaires-exploitants | Souvent étrangers (néerlandais, norvégiens) sous pavillon français |
Le cadre réglementaire actuel : une protection insuffisante pour les côtes des Hauts-de-France
L'arrêté de Normandie du 23 décembre 2025 : une avancée aussitôt annulée
Fin 2025, une décision préfectorale avait ouvert la voie à une protection renforcée de la bande côtière. Le Préfet de Normandie avait pris un arrêté le 23 décembre 2025 interdisant les navires de plus de 25 mètres dans la bande côtière normande. Cette mesure, saluée par les pêcheurs artisans et les associations environnementales, avait valeur de précédent pour l'ensemble du littoral de la Manche et de la mer du Nord.
Mais quelques semaines seulement après sa publication, l'arrêté a été abrogé à la suite d'un recours déposé par les armements industriels concernés. Cette révocation illustre la fragilité des mesures locales face à la puissance de lobbying des flottilles industrielles et la nécessité d'une décision au niveau national ou européen pour que la protection soit durable et juridiquement solide.
⚠️ L'arrêté normand du 23 décembre 2025 : chronologie d'un échec
23 décembre 2025 : Le Préfet de Normandie prend un arrêté interdisant les navires de plus de 25 m dans la bande côtière normande
Début 2026 : Un recours est déposé par les armements industriels opposés à la mesure
Début 2026 : L'arrêté est abrogé — la protection tombe
Conséquence : Le dossier rebondit aux Assises de la Pêche de Cherbourg (18-19 juin 2026)
Pourquoi la réglementation reste-t-elle insuffisante dans les Hauts-de-France en 2026 ?
Contrairement à la Normandie, les Hauts-de-France ne disposent d'aucun arrêté préfectoral limitant spécifiquement l'accès des grands navires à la bande côtière régionale. La réglementation européenne (PCP) prévoit certes une préférence pour les petits pêcheurs dans les 12 milles, mais sans mécanisme contraignant d'exclusion des industriels. En l'absence de texte national ou régional spécifique, les chalutiers géants peuvent donc continuer à opérer librement dans les eaux côtières du Pas-de-Calais, de la mer du Nord et du détroit du Pas-de-Calais.
C'est précisément cette lacune réglementaire que BLOOM et les chercheurs de l'Institut-Agro souhaitent voir combler lors des Assises de la Pêche 2026.
Les Assises de la Pêche 2026 : une opportunité pour redessiner la gouvernance des zones côtières
Quand et où se tiennent les Assises de la Pêche dans la Manche ?
Les Assises de la Pêche dans la Manche se tiendront les 18 et 19 juin 2026 à Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Cet événement réunit les acteurs institutionnels (ministère de la Mer, préfectures maritimes, Régions), les professionnels de la pêche (comités des pêches, armateurs, organisations de producteurs) et les associations environnementales. Il constitue un temps fort de la politique publique de la pêche pour la façade Manche-Atlantique-Mer du Nord.
Pour BLOOM et les pêcheurs artisans des Hauts-de-France, les Assises représentent une fenêtre d'opportunité majeure : obtenir l'inscription à l'agenda politique de la question de l'exclusion des navires industriels de la bande côtière, après l'échec de la voie préfectorale normande début 2026.
📅 Assises de la Pêche 2026 — Les dates à retenir
Dates : 18 et 19 juin 2026
Lieu : Cherbourg-en-Cotentin (Manche)
Organisateur : Ministère de la Mer et de la Pêche (Catherine Chabaud)
Enjeux clés : gouvernance des bandes côtières, exclusion des navires industriels, transition vers une pêche durable
Demande de BLOOM : inscrire l'exclusion des navires > 24 m à l'ordre du jour
Quelles décisions concrètes peut-on espérer des Assises de la Pêche 2026 ?
Les Assises de la Pêche n'ont pas de pouvoir décisionnel direct : elles constituent une plateforme de concertation dont les conclusions peuvent orienter les politiques réglementaires nationales et les positions françaises dans les négociations européennes sur la PCP. Plusieurs scénarios sont envisageables à l'issue de ces deux journées.
Scénario possible | Contenu | Impact pour les Hauts-de-France |
|---|---|---|
Recommandation nationale | Le gouvernement s'engage à soutenir une révision du décret réglementant les bandes côtières | Fort — ouvrirait la voie à une interdiction durable des grands navires |
Expérimentation régionale | Lancement d'une zone pilote d'exclusion dans une bande côtière spécifique (ex. banc des Flandres) | Moyen — permettrait d'évaluer l'impact économique et écologique |
Position européenne | La France défend l'exclusion des navires > 24 m lors des négociations PCP 2026-2027 | Long terme — protection juridique robuste mais délai de 1 à 3 ans |
Statu quo | Aucune décision n'est prise, le dossier est renvoyé à plus tard | Nul — la situation actuelle perdure au détriment des artisans |
Au-delà des emplois : les enjeux écologiques de la surpêche industrielle dans la mer du Nord
La question de la pêche industrielle dans les bandes côtières ne concerne pas seulement l'économie des pêcheurs artisans. Elle soulève des enjeux écologiques majeurs pour la mer du Nord, l'un des espaces maritimes les plus productifs — et les plus fragilisés — d'Europe.
Le banc des Flandres, désigné comme aire marine protégée (AMP), est une zone de reproduction et de nurserie pour de nombreuses espèces. La pression exercée par des chalutiers capables de capturer 400 tonnes par jour sur cette zone restreinte peut perturber durablement les cycles de reproduction du hareng de la mer du Nord, espèce dont les stocks ont déjà connu des effondrements historiques au XXe siècle, avant d'être partiellement reconstitués grâce à des plans de gestion stricts.
🌊 Les espèces en jeu dans la bande côtière des Hauts-de-France
Hareng de la mer du Nord : espèce-clé du banc des Flandres, déjà fragilisée par la surpêche historique
Maquereau : très présent en hiver dans les eaux côtières, espèce principale visée par les chalutiers pélagiques
Sardine atlantique : présence croissante dans les eaux du Nord en lien avec le réchauffement climatique
Espèces démersales : soles, plies, cabillauds — vulnérables aux chalutages de fond en zone côtière
FAQ — Toutes vos questions sur la pêche industrielle et la protection des côtes des Hauts-de-France
Pourquoi parle-t-on de « concurrence déloyale » entre pêche artisanale et pêche industrielle ?
La concurrence déloyale tient à une asymétrie fondamentale : les pêcheurs artisans de moins de 12 mètres sont limités à un rayon de 20 milles nautiques et dépendent entièrement de la bande côtière pour travailler. Les navires industriels, eux, peuvent pêcher dans le monde entier et n'ont donc aucun besoin vital de la bande côtière — ils n'y réalisent que moins de 1 % de leurs captures totales mondiales. Pourtant, dans les Hauts-de-France, ces mêmes navires réalisent 45,5 % des captures côtières, privant les artisans d'une ressource dont ils ne peuvent se passer.
Qui est BLOOM et quel est son rôle dans ce dossier ?
BLOOM est une association française de protection des océans fondée en 2005. Elle mène des campagnes scientifiques et politiques contre les pratiques de pêche destructrices. Dans les Hauts-de-France, BLOOM s'est associée à des chercheurs de l'Institut-Agro Rennes-Angers pour produire des données scientifiques sur la situation de la bande côtière et réclame l'exclusion des navires de plus de 24 mètres auprès du gouvernement, dans le cadre des Assises de la Pêche 2026.
Concrètement, qu'est-ce que cela changerait d'exclure les navires de plus de 24 mètres ?
Les navires industriels réalisant 45,5 % des captures côtières dans les Hauts-de-France, leur exclusion libérerait une part significative de la ressource disponible. Les pêcheurs artisans pourraient augmenter leurs captures dans leur zone naturelle de travail, sans concurrencer des navires disposant d'une puissance de pêche sans commune mesure. L'impact écologique serait également positif : une pression réduite sur le banc des Flandres favoriserait la reconstitution des stocks de harengs et de maquereaux.
Pourquoi l'arrêté du Préfet de Normandie de décembre 2025 a-t-il été annulé ?
L'arrêté préfectoral du 23 décembre 2025 interdisant les navires de plus de 25 mètres dans la bande côtière normande a été abrogé à la suite d'un recours déposé par les armements industriels concernés. Cette annulation illustre la vulnérabilité des mesures locales face aux recours juridiques et souligne la nécessité d'une décision au niveau national ou européen pour garantir une protection juridiquement solide et pérenne.
Quand et où se tiennent les Assises de la Pêche 2026 ?
Les Assises de la Pêche dans la Manche se tiennent les 18 et 19 juin 2026 à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), sous l'égide du ministère de la Mer et de la Pêche dirigé par Catherine Chabaud. C'est lors de cet événement que BLOOM et les représentants des pêcheurs artisans espèrent faire inscrire à l'agenda politique la question de l'exclusion des navires industriels de la bande côtière.
Les navires industriels qui pêchent dans la bande côtière sont-ils français ?
Pas nécessairement. Une partie des navires industriels opérant dans les bandes côtières françaises appartient à des groupes étrangers — notamment néerlandais — qui ont créé des filiales françaises pour obtenir des quotas de pêche sous pavillon français. C'est le cas de France Pélagique, filiale du géant néerlandais Cornelis Vrolijk, qui exploite des chalutiers géants sous pavillon tricolore. Cette situation alimente le sentiment de concurrence déloyale chez les pêcheurs artisans français.



